La coopérative Fermes de Figeac engagée dans l’innovation territoriale

Toit photovoltaïque sur une ferme à Reilhac (c) Fermes de Figeac

Toit photovoltaïque sur une ferme à Reilhac (c) Fermes de Figeac

Publié par Yannick Régnier le 16/05/2012

Contribuer à l’implantation d’une agriculture gestionnaire du vivant à haute valeur ajoutée, innovante et ouverte aux autres, pour promouvoir depuis son territoire un développement durable au service de tous les hommes : voici la vision portée depuis 30 ans par la Sicaseli, aujourd’hui Fermes de Figeac, sur le territoire du Ségala Limargue (Lot). Pas surprenant que la coopérative agricole, qui rassemble 650 exploitations et 1000 hommes et femmes, ait croisé l‘énergie en chemin !

Consciente que l’avenir de l’agriculture ne passera pas par la seule production agricole, les Fermes de Figeac s’engagent pour une intégration de l’agriculture dans leur environnement et dans leur territoire, et une diversification de leurs revenus en se tournant notamment vers les ressources naturelles du territoire. La valorisation énergétique du territoire sera demain l’une des clés de leur prospérité. La coopérative s’est ainsi lancée dans plusieurs projets d’envergure autour des énergies renouvelables.

La coopérative se branche sur le soleil…

Le premier projet a été l’installation de toitures solaires sur les bâtiments agricoles dans le cadre d’une structure mutualisée : la SAS Ségala Agriculture et Energie Solaire. Avec 109 agriculteurs, 188 bâtiments couverts, une puissance installée de 6,9 MW et 7,2 millions de kWh de production attendue, ce projet photovoltaïque collectif est un succès, grâce à l’enthousiasme des adhérents impliqués, la mutualisation des moyens et l’optimisation économique permise par la création de la SAS. « Les revenus nets annuels attendus de 1,2 millions d’euros en moyenne pendant 20 ans vont être touchés par les entreprises agricoles du Ségala-Limargue et contribuer au développement économique du territoire », analyse Laurent Causse, responsable du service énergie de la coopérative. « On peut considérer ce projet comme une subvention indirecte de l’état au développement de l’agriculture locale, soit une double finalité pour les aides publiques : énergies renouvelables et agriculture. »

… Et commence à sentir souffler le vent

Constatant qu’un parc éolien était développé sur son territoire, la Sicaseli a proposé au développeur Valorem d’intégrer une part de financement local dans le projet. Le montage s’oriente aujourd’hui vers une participation à hauteur de 49 % des acteurs locaux : collectivités locales, citoyens et agriculteurs[1]. Par ailleurs, en intervenant plus en amont, la Sicaseli envisage la maîtrise complète d’un autre projet dans le Haut-Ségala, via la création d’une structure dédiée[2]. Après la définition d’une Zone de Développement de l'Éolien, il s’agira encore de trouver un développeur volontaire pour une coopération territoriale…

Structurer la filière bois énergie en circuit court

Nombres d’agriculteurs sont propriétaires de bois mal valorisés car situés principalement sur des terrains pentus. La coopérative propose depuis quelques années un service de déchiquetage de bois et a racheté en 2010 une petite scierie du territoire[3]. Cela permettra de développer une filière de plaquettes forestières 100 % Ségala-Limargue, notamment destinée au chauffage des entreprises et collectivités, ou encore au paillage des animaux. Il reste à renforcer la demande avec l’installation de nouvelles chaufferies et à promouvoir la valorisation du bois d’œuvre, indispensable à l’équilibre économique de la filière.  

La méthanisation, maillon du système agricole territorial

Après une tentative infructueuse de développement d’une unité de méthanisation territoriale en 2007[4], la coopérative Fermes de Figeac s’oriente désormais vers un modèle de petit collectif, avec 3 ou 4 agriculteurs. Le potentiel est là ; c’est davantage du côté du débouché chaleur que les réflexions se portent : afin d’assurer l’autonomie en protéines du territoire[5], la culture de luzerne est envisagée. Le séchage en botte est aussi en cours d’expérimentation et pourrait constituer un débouché pour la chaleur générée à partir du biogaz. Une chose est sûre : « Fermes de Figeac » n’est pas encore à court d’idées ! À suivre donc.

[1] Le permis de construire du parc a été déposé récemment et la mise en service est prévue pour 2013.

[2] Sur le modèle du photovoltaïque.

[3] Elle étudie aussi l’acquisition d’une autre plus grande, bien que l’équation économique globale reste complexe.

[4] Adossée à l’usine d’un groupe de l’industrie laitière qui aurait fourni à la fois une grande part de la matière organique et un débouché chaleur.

[5] Pour des bovins lait / viande.