En Terres de Lorraine, des petites communes contribuent à la démarche TEPOS du Pays

En Terres de Lorraine, des petites communes contribuent à la démarche TEPOS du Pays

Les élus du territoire réunis à l'occasion de l'appel à projet Territoires à énergie positive pour la croissance verte

Publié par Esther Bailleul le 17/10/2017

Le Pays Terres de Lorraine a beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre son objectif 100 % renouvelables. Pour cela, il faut que les acteurs du territoire s’engagent, et en premier lieu les communes. En articulant l’opportunité des subventions TEPCV avec son animation auprès des communes, le Pays a fait naître et renforcé des dynamiques communales positives.

Situé à l’ouest de Nancy, le Pays Terres de Lorraine compte environ 100 000 habitants vivant dans 154 communes. Lancée en 2002 par les intercommunalités, la démarche de Pays se concrétise rapidement par l’élaboration d’un Agenda 21, plutôt concentré sur le développement économique. C’est en 2013, sous l’impulsion de son président Dominique Potier, que le Pays rejoint le réseau TEPOS et se donne l’objectif d’un mix 100 % renouvelable en 2060. Le concept de Territoire à énergie positive, qui présente la transition énergétique comme un vecteur de développement local, colle bien aux enjeux propres au Pays.

L’animation de cette démarche TEPOS Terres de Lorraine est pilotée par un groupe de 15 élus des 4 intercommunalités du territoire. En ouverture de cette démarche ambitieuse, à la suite d'une mise en relation faite par le CLER, une délégation du Pays traverse la frontière pour un voyage d’étude dans la région allemande de Rhein-Hunsrück, pionnière dans le domaine.

Commencer par le début

Le territoire a alors une facture énergétique par habitant supérieure de 25 % à la moyenne nationale et encore peu de réalisations en matière d’énergie. Pour atteindre cet objectif TEPOS, le Pays doit mobiliser tous les acteurs et travailler sur les gisements d’économies d’énergie, à commencer par le patrimoine public. Mais comment faire passer les communes à l’action ? Mises à part les villes comme Toul ou Neuves-Maisons, la plupart d’entre elles comptent moins de 1000 habitants. Le Pays pense naturellement à une mission de Conseil en énergie partagé, et construit le financement avec l’ADEME.

A ce moment-là, le Ministère de l’environnement lance l’appel à projet Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Lauréat en 2015, le Pays décide d’utiliser les 500 000 € reçus dans des travaux sur le patrimoine et l’éclairage public des communes, afin qu’elles montrent l’exemple. Il lance alors un appel à projet offrant un co-financement pour des travaux d’économies d’énergie. Et c’est un succès : 48 communes proposent des dossiers.

En négociant avec l’État, le Pays parvient à ajuster les montants et à co-financer tous les projets. Thomas Bailly, chef de projet « Transition » du Pays, explique : « Ces travaux ont permis aux communes de faire un premier pas et de premières économies d’énergie et financières. Certaines ont participé ensuite au Défi Familles à énergie positive ». Le Pays signera plusieurs avenants à la convention TEPCV entre 2015 et 2017, autour de projets intercommunaux ambitieux (cadastre solaire, habitat social BBC avec énergie renouvelable...), ou encore sur la biodiversité et la mobilité, pour un total d’1,7 million d’euros.

Un véritable effet levier

Deux ans après le début de la convention TEPCV, plusieurs communes font preuve d’initiative. Certes, quelques-unes s’étaient déjà montrées intéressées par la démarche TEPOS : Ognéville, engagée dans une démarche de « VEPOS » (Village à énergie positive) animée par le Pays, ou encore Choloy-Ménillot, qui a un projet de réseau de chaleur bois avec approvisionnement local.

Dans d’autres cas, la convention TEPCV a eu un réel effet levier. Fécocourt par exemple, environ 100 habitants, a un projet de rénovation BBC d’un logement communal avec installations photovoltaïques, proposera également des diagnostics thermiques aux habitants et promeut la mobilité électrique. Barisey-la-Côte, 217 habitants, après avoir bénéficié de TEPCV pour son éclairage public, souhaite construire un bâtiment communal BEPOS.

Pierre-la-Treiche, commune de 500 habitants, a lancé un projet de rénovation de sa mairie avec création d’un logement, qui doit servir de chantier-test pour un groupement d’entreprises dans le cadre de la plateforme de rénovation créée par le Pays. « Dans un précédent chantier, nous avions constaté que les artisans ne savaient pas toujours proposer des prestations adaptées, se coordonner, appliquer les techniques, raconte Xavier Colin, maire de la commune. Avec Laurent Vogel, le CEP du Pays, nous avons donc regardé les choses en détails. Puis la mairie a lancé un marché public adapté avec formation intégrée, pour permettre aux artisans locaux de répondre, et que les résultats après travaux soient au rendez-vous. »

Dans ce projet comme sur les enjeux énergétiques en général, le maire déplore une forte résistance au changement. « Avec notre nappe alluviale et notre massif calcaire, nous avons un potentiel géothermique exploitable sans risque. Mais trouver un chauffagiste pour nous aider à le faire n’a pas été simple. »
Pour lui, l’animation du Pays joue un rôle positif en apportant une expertise et des solutions pragmatiques : « Au moins, comme on est outillés, on est en mesure de formuler des attentes, d’avoir une influence. Maintenant j’aimerais voir les professionnels se demander comment mieux faire, et un cadre réglementaire qui aille dans le bon sens. » Et Xavier Colin d’évoquer, en comparaison, les souvenirs inspirants du voyage d’étude en Allemagne auquel il avait participé.