Dans les Causses du Quercy, le PNR aide les citoyens à développer des parcs PV au sol

Assemblée générale de Céléwatt
Published by Maïté Quinn Duncan on 29.05.2018

Dans le Lot, le projet Céléwatt vise à développer des petits parcs photovoltaïques au sol citoyens. Précurseur et fédérateur, il participe de l’économie locale, en faisant intervenir des entreprises sélectionnées localement pour la construction et la maintenance du parc photovoltaïque, tout en favorisant les liens sociaux entre habitants et partenariaux entre structures ou collectivités. En tant que territoire TEPOS, le PNR des Causses du Quercy soutient le projet et poursuit la réflexion sur son engagement dans les projets de production d’énergies renouvelables, dans les mois à venir, aux côtés notamment de CéléWatt.

La genèse du projet

A l’initiative de quelques habitants de la vallée du Célé, dans le Lot, l’association de préfiguration CéléWatt se créé en 2016 avec pour objectif de construire une grappe de petits projets photovoltaïques au sol, d’une puissance correspondant aux besoins d’électricité (hors chauffage) des communes environnantes. Elle est vite lauréate de Catalys, l’incubateur social de l’ex-Région Midi-Pyrénées, grâce auquel elle reçoit un appui technique d’Enercoop Midi-Pyrénées pour étudier la faisabilité technique, économique et juridique du projet.

Durant le printemps et l’été 2016, CéléWatt se fait aider de Quercy Énergies, l’agence locale de l’énergie et du climat du Lot, pour son étude technique. Le projet reçoit aussi les éclairages techniques du pôle « énergies renouvelables » de la DDT du Lot et du CAUE (Conseil d’Architecture et d’Urbanisme et de l’Environnement). En décembre 2016, CéléWatt est lauréat de l’appel à Projets « Énergies coopératives et citoyennes » de la Région Occitanie. En mai 2017, la SCIC CéléWatt SAS à capital variable voit le jour.

Une forte implication du Parc

On peut compter trois interfaces entre le Parc et CéléWatt. Sollicité par les initiateurs du projet, le Parc a d’abord réalisé un diagnostic écologique de la parcelle. Puis, suite au dépôt de l’avis préalable et sur demande de la DDT du Lot, le Parc a rendu un avis favorable sur le projet compte tenu de son objet (production d’énergie renouvelable), de sa taille (faible impact sur l’environnement) et de sa nature (projet citoyen). Enfin, encore plus significatif de son engagement en faveur du projet, le Parc a souscrit symboliquement 5 parts, soit 500 €, dans le capital social de la SCIC.

Le Parc est guidé par sa Charte, adoptée pour la période de 2012 – 2027, où l’énergie est identifiée comme l’un des 9 enjeux majeurs. La Charte prévoit, à l’horizon 2027,  une réduction de 25% des consommations du territoire par rapport à 2012 et des besoins énergétiques couverts à 50% par une production d’origine renouvelable. Cependant, l’énergie n’est pas le seul objectif chiffré de la Charte. Le Parc adopte donc une approche de développement durable lors de l’étude des projets de production d’énergies renouvelables et considère également les impacts environnementaux, paysagers voire urbanistiques des projets. Le Parc veille à une transversalité des analyses au sein même de ses équipes.

Un projet reproductible à certaines conditions de soutien

Le projet de CéléWatt est l’un des 4 petits parcs photovoltaïques au sol de France avec une puissance de 249,9 kWc, une production annuelle estimée à 300 000 kWh et un investissement d’environ 300 000 euros. L’innovation du projet réside dans son fort ancrage local. Il est le premier à avoir été développé entièrement par une équipe bénévole, maîtrise d’ouvrage comprise. CéléWatt a su mobiliser l’épargne citoyenne et collecter 200 000 € en quelques mois, venant pour plus des 2/3 des habitants du Lot. La Région Occitanie, en apportant 1€ pour chaque 1 € citoyen collecté (à raison d’un montant maximum de 500 euros par personne) a été déterminante pour asseoir la crédibilité du projet. Les nombreuses réunions « tupperwatt » et les multiples stands tenus par les animateurs du projet, lors de manifestations locales, ont permis à CéléWatt d’expliquer concrètement les enjeux et la démarche du projet.

Aujourd’hui, le projet est prêt à entrer en production. Quelle est son degré de reproductibilité ? Le modèle économique est profitable pour la coopérative et attractif pour les sociétaires, malgré un rendement annoncé à « 0 % ou un peu plus », via la réduction d’impôt ouverte aux souscripteurs. Cela tient notamment au fait qu’une SCIC doit mettre 57 % de son bénéfice en réserve chaque année et que la subvention de la Région, considérée comme des quasi-fonds propres, n’est pas redistribuable. Et pourtant, le projet a fortement mobilisé avec plus de 340 sociétaires, dont 60 mineurs ayant reçu des parts en cadeau de leurs (grands) parents.

Mais le projet n’aurait pu voir le jour sans un tarif spécifique de soutien d’Enercoop. CéléWatt, avec d’autres, demande donc que soit corrigée l’anomalie qui consiste à bénéficier des tarifs de soutien sur toutes les puissances de photovoltaïque en toiture et au sol… sauf pour les parcs au sol de moins de 500 kWc, justement ceux développés par des projets citoyens. CéléWatt est donc dans une phase de réflexion pour faire évoluer le modèle économique et pouvoir reproduire l’expérience sur un autre site de la vallée.