Les Monts du Lyonnais catalysent le travail des acteurs sur le bâtiment et la méthanisation

Parc Eco Habitat des Monts du Lyonnais (c) SIMOLY

Le Parc Eco Habitat des Monts du Lyonnais au cœur de la future plateforme de rénovation énergétique de l'habitat (c) SIMOLY

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Les Monts du Lyonnais sont un territoire rural de moyenne montagne localisé entre les agglomérations de Lyon et Saint Etienne et regroupant environ 40 000 habitants. Le Syndicat Intercommunautaire des Monts du Lyonnais (SIMOLY) porte le projet de territoire, dont la démarche de Territoire à Energie Positive constitue une dimension centrale depuis 2013.

Depuis le début de l’année, le SIMOLY organise et anime régulièrement des ateliers stratégiques à destination des acteurs du territoire dans l’objectif de co-construire son premier plan d’actions à horizon 2020 et d’identifier des futurs porteurs de projets.

Le SIMOLY anime ou porte d’ores et déjà des actions qui participe à la transition énergétique territoriale. En témoignent la politique de l’habitat et le développement de la méthanisation sur le territoire.

Le secteur résidentiel, un enjeu majeur pour le territoire

Avec 60 % de la consommation d’énergie finale, le secteur résidentiel représente un enjeu majeur pour le territoire. Aussi, le SIMOLY a répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt de la Région et l’ADEME pour la création d’une plateforme locale de rénovation de l’habitat et a été sélectionné en janvier 2015. La mise en œuvre de ce dispositif s’appuie sur la montée en puissance du Parc Eco Habitat, un groupement d’intérêt public (GIP) en faveur de l’éco-construction reconnu Pôle d’excellence rurale. Depuis 2012, le GIP mène des activités de conseils aux particuliers (rénovation, changement d’énergie) et de formation aux entreprises du territoire. Avec ce nouveau  dispositif, c’est un objectif de 400 rénovations par an a minima BBC compatibles qu’il faut viser à l’horizon 2020. Accélérer le rythme de rénovations globales et performantes implique de proposer un accompagnement adapté à chaque projet et chaque situation financière. Cela implique également de structurer l’offre de travaux sur le territoire. C’est dans cette perspective que la fin de l’année 2015 sera marquée par le déroulement de 3 chantiers écoles pour sensibiliser sur les intérêts de la rénovation performante auprès des particuliers et inciter les entreprises à se constituer en groupement.

Combiner la rénovation des logements et la résorption de la précarité énergétique

En complémentarité avec l’accompagnement des ménages qui sera proposé par la plateforme, les élus du territoire ont décidé d’expérimenter cette année un dispositif de lutte contre la précarité énergétique qui a vocation à devenir un SLIME (Service Local d’Intervention pour la Maîtrise de l’Energie). Avec un parc de logements anciens (47 % de logements datant d’avant 49) et des revenus relativement faibles, le territoire est exposé à des risques accrus de précarité énergétique constituant un frein au programme de rénovation des logements. En effet, 26 % des ménages sur le territoire présente un taux d’effort énergétique pour leur logement supérieur à 10 % des revenus disponibles. Ainsi, à travers des visites à domicile, il s’agit d’aider les ménages vulnérables à réduire leur facture énergétique et améliorer le confort de leur logement avant d’envisager des solutions adaptées en termes de travaux de rénovation.

La méthanisation au cœur des dynamiques d'acteurs

La méthanisation joue un rôle central dans le scénario TEPOS et le bouquet énergétique futur des Monts du Lyonnais car le territoire constitue une terre d’élevage laitier et s’avère bien pourvu en industries agroalimentaires.

Depuis 2010, les élus locaux ont désiré impulser une dynamique de développement de la méthanisation. Cet outil permet d’associer une diversité d’acteurs locaux (agriculteurs, industriels et collectivités) autour de projets apportant au territoire des plus-values économiques (maintien de l’agriculture et création d’emploi, valeur ajoutée énergétique territorialisée, etc.) et environnementales (relocalisation du traitement des déchets organiques, réduction des émissions de GES, production d’une énergie renouvelable locale, etc.).

En septembre 2010, le SIMOLY a donc lancé une étude pour envisager différents scénarii de développement de la méthanisation sur les Monts du Lyonnais. L’étude (soutenue par l’ADEME et l’Europe via le programme Leader) a permis de confirmer le potentiel et de mobiliser de nombreux acteurs.

À l’issue de l’étude (fin 2011), le SIMOLY s’est positionné comme accompagnateur des porteurs de projet potentiels. Des voyages d’études ont été organisés et un travail de communication important a été réalisé à destination de tous les acteurs concernés : monde agricole, industries agro-alimentaires et collectivités. En mars 2012, deux modules de formation ont été proposés en partenariat avec la chambre d’agriculture du Rhône et Rhône-Alpes Energie Environnement pour permettre à une douzaine d’agriculteurs intéressés d’affiner leur réflexion. Par la suite, le SIMOLY a mis à disposition un temps d’animation pour accompagner l’émergence de ces projets (animation du collectif, définition des orientations des projets, veille réglementaire, appui au montage de dossiers de demande d’aides, appui institutionnel et mise en en réseau). L’objectif poursuivi était une montée en compétence suffisante des porteurs de projet pour permettre la maturation des projets et leur autonomisation.

Groupe agriculteurs méthanisation Monts du Lyonnais

Aujourd’hui, ce travail a porté ses fruits et la dynamique de la méthanisation est enclenchée puisque 3 projets de typologies différentes devraient être fonctionnels à partir de fin 2016 :

  • Le projet Métharavouere : ce projet regroupe 4 fermes laitières et se concentre sur le traitement d’effluents d’élevage en majorité. Il valorisera le biogaz produit par cogénération (160 kWé).
  • Le projet Méthamoly : ce projet de dimension territoriale regroupe 6 exploitations laitières et traitera environ 10 000 t d’effluents d’élevage issus des exploitations du projet ainsi que 5000 t de co-substrats provenant d’industries agro-alimentaires (majoritairement locales), de restes de restauration collective (notamment publique à travers un partenariat avec le Département de la Loire) ou de déchets verts des collectivités locales et des fauches de bord de route. Le biogaz sera valorisé par injection, après épuration, dans le réseau de gaz naturel local. Ce projet est ouvert à la participation citoyenne locale via le fond d’investissement citoyen Energie Partagée.
  • Le projet Méthasavi : ce projet, fruit de l’association entre 2 éleveurs et un pépiniériste, traitera des effluents d’élevage et des déchets verts. Le biogaz sera valorisé par cogénération et la chaleur utilisée pour les serres de la pépinière.

Ces projets devraient permettre d’atteindre une production d’énergie de l’ordre de 12,8 GWh (1.1 ktep) contribuant ainsi fortement à la progression du niveau d’autonomie énergétique du territoire.