Transition écologique : nous avons tous le pouvoir et la responsabilité d’agir

Transition écologique : nous avons tous le pouvoir et la responsabilité d’agir
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Du 25 au 27 septembre 2019, 500 personnes dont une majorité de représentant.e.s de collectivités pionnières du réseau des Territoires à énergie positive se sont réunies à l’occasion des 9e Rencontres Energie et Territoires ruraux. Depuis Clamecy dans la Nièvre, ils ont lancé un appel à l’exercice collectif des responsabilités.

L’écologie est désormais une des préoccupations majeures pour les Français

L’écologie est désormais une des préoccupations majeures pour les Français. La conscience que les chocs sont à venir et qu’il est urgent d’agir se généralise. La question de l’effondrement obsède jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. A juste titre : les constats scientifiques alarmants s’accumulent pour le climat et la biodiversité. 

La jeunesse marche et fait grève pour le climat. La société civile se coalise pour porter des messages communs. Des mouvements radicaux non violents remettent au goût du jour la désobéissance civile. Le temps de la résignation et du déni est passé. Celui de l’indignation et de la révolte commence.

Que font l'Etat et les collectivités territoriales ?

Dans ce contexte sociétal, que font l’Etat et les collectivités territoriales ?

L’Etat porte des discours volontaristes et des objectifs de long terme ambitieux. S’il est possible de juger que son intention est sincère, les résultats ne sont pas au rendez-vous, comme l’observe le Haut Conseil pour le Climat. Or, sa responsabilité est première et immense pour structurer un écosystème réglementaire, méthodologique et financier cohérent et efficace. Les arbitrages budgétaires en cours, les propositions législatives, l’évolution des contraintes réglementaires ne sont aujourd’hui ni à la hauteur des défis ni dans la temporalité nécessaire pour les relever.

Du côté des collectivités locales, rares encore sont celles qui inscrivent la transition écologique au cœur de leur projet de territoire et qui en font la boussole de leur action. Beaucoup ne s’appliquent pas à elles-mêmes ce qu’elles demandent à l’Etat. Combien sont prêtes à changer leurs priorités et faire les arbitrages nécessaires pour financer les projets de transition ? Les collectivités locales ne doivent plus attendre l’aide “d’en haut”. Elles doivent s’affranchir de leur dépendance, consentie autant que subie, à l’Etat. Elles ont de l’argent (un peu) et de l’énergie (beaucoup) pour agir.

Les prochaines échéances municipales offrent l’opportunité d’écouter et prendre en compte les aspirations des habitants à la transition écologique. Pour, au lendemain des élections, disposer d’un mandat et d’une légitimité renforcés sur ce sujet.

La Fabrique des transitions comme lieu d’un exercice collectif des responsabilités

Les transitions territoriales visent à réduire les vulnérabilités, organiser les montées en compétences locales, créer et partager de la valeur. Répondre à ces trois enjeux ne peut se faire par la seule action d’un acteur ou d’une personne providentielle : il n’y a pas de recette miracle. Au contraire, il faut rassembler tous les acteurs des transitions, institutionnels, élus locaux, acteurs économiques et société civile, pour transformer les ressources en commun et créer les conditions d’une synergie indispensable au plan local comme national. Cet espace partagé d’une communauté apprenante et agissante, c’est la Fabrique des transitions que nous co-construisons. Cette Fabrique est le lieu d’un exercice collectif des responsabilités. Tout le monde est concerné. Chacun peut agir pour la transition à partir de ses approches habituelles. Il le fait de manière plus pertinente quand il comprend et intègre celles des autres.

Suivez les territoires pionniers : #TousTEPOS en 2020 !

Nous, territoires à énergie positive, sommes des pionniers de la transition. Depuis des années, parfois des décennies, nous avons trouvé des voies pour agir et bousculer les habitudes, des parades pour contourner les rigidités, des moyens pour avancer. Nous avons été volontaires, habiles et persévérants. Nous avons dépensé une énergie folle ! Être reconnus comme précurseurs nous apporte un bénéfice d’image et des moyens privilégiés pour agir. C’est le fruit de nos efforts. Nous savons cependant qu’il n’y aura pas d'îlots heureux dans un océan de détresse. C’est pourquoi nous voulons bâtir un archipel des initiatives et des acteurs.

Relier les femmes et les hommes volontaires, entraîner le plus grand nombre dans le sillage de son action, c’est ce qui a présidé à l’initiative du Mené, territoire breton, de créer le réseau TEPOS en 2010. Nous savons que coopérer demande du travail. Nous faisons l’expérience qu’un enrichissement mutuel est toujours à la clé. Maintenant que le temps du changement approche, nous avons la responsabilité d’être plus ouverts et accueillants que jamais pour amplifier le mouvement, notamment auprès des nouvelles équipes municipales. Objectif : deux fois plus de territoires engagés lors des prochaines Rencontres dans le Mené, pour fêter les 10 ans du réseau. Rejoignez le mouvement de la transition énergétique territoriale ! Tous TEPOS en 2020 !

#TousTEPOS

Cette tribune a été publiée en ligne par la Gazette des Communes le 25 septembre 2019

Les premiers signataires de cet appel sont :

Jacky AIGNEL, maire du Mené

Michel AURAMBOUT, vice-président en charge du développement durable, de l’énergie et des espaces naturels sensibles de Vichy Communauté

Patrick BARBIER, maire de Muttersholtz

Jean-François CARON, maire de Loos-en-Gohelle

Guillaume COUTEY, maire de Malaunay

Sébastien EYRAUD, maire de Laval (Isère)

Jean-Pierre GOUDARD, vice-président de la Communauté d’agglomération de l’Ouest Rhodanien

Elisabeth LEMONON, présidente de la Communauté de communes du Clunisois

Pierre LEROY, Président du PETR Grand Briançonnais

Michel MAYA, maire de Tramayes

Jean-Claude MENSCH, maire d'Ungersheim

Jean-Marie OUDART, vice-président de la Communauté de communes des Crêtes pré-ardennaises

Jacques PALLAS, maire de Saint-Georges-sur-Arnon

Jean-Claude PICARD, maire de Duerne et vice-président de la Communauté de communes des Monts du Lyonnais

Thierry RESTIF, vice-président de Roche aux Fées Communauté

Patrick SABIN, maire d’Escource et vice-président de la Communauté de communes Cœur Haute Lande

Béatrice SANTAIS, maire de Montmélian, présidente de la Communauté de communes Cœur de Savoie

Martine SCHWARTZ, vice-présidente en charge de l'énergie à la Communauté de communes de la Vallée de Kaysersberg

ainsi que :

Sandrine BURESI et Marie-Laure LAMY, co-présidentes du CLER

Joseph BOUREZ, directeur, en charge du projet associatif de l'ALEC de l'Ardèche

Madeleine CHARRU, déléguée aux partenariats de Solagro

Bertil DE FOS, directeur d'Auxilia Conseil

Alenka DOULAIN et Arnaud BRUNEL, co-présidents d'Energie Partagée

Marc JEDLICZKA, directeur général d'Hespul

Thomas LE BRIS, cofondateur de CoopaWatt

Nicolas MONIOT, directeur de l'association ADERA

Patrick SAULTIER, gérant de SED et directeur général d’Ile de Sein Energies

Jacques VILLEVIEILLE, gérant de la SCIC ERE 43

Tous membres du réseau des Territoires à énergie positive (TEPOS)

Les signataires suivants s'associent aussi à l'appel :

Claude GRIVEL, président de l'UNADEL

Odile MARCEL, présidente du Collectif Paysages de l'après pétrole

Michael RESTIER, directeur de l'ANPP - Association Nationale des Pôles Territoriaux et des Pays