L'Alliance dans les Alpes vers l'énergie positive

Participants de la Rencontre annuelle 2011 de l'Alliance dans les Alpes

Participants de la Rencontre annuelle 2011 de l'Alliance dans les Alpes à Bourg d'Oisans

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Des élus de montagne engagés en faveur du développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l'énergie mènent des projets novateurs, pointent l'enjeu fondamental et le formidable levier que constitue la sobriété énergétique, et s'engagent dans des politiques locales de l'énergie.

La rencontre annuelle des membres français du réseau de communes « Alliance dans les Alpes »  s’est tenue à Bourg d’Oisans le jeudi 20 octobre 2011. Cette année, la thématique centrale des échanges était celle des "territoires à énergie positive". L’objectif était d'identifier de quelle manière une politique globale de l'énergie participe au développement durable des territoires de montagne, en particulier ruraux, et de présenter les compétences, les acteurs et les outils susceptibles d'être mobilisés pour atteindre l'objectif de "territoire à énergie positive".

Les présentations générales de Yannick Régnier, responsable actions territoriales au CLER, ont été illustrées par des exemples de collectivités avant-gardistes de toute l'Europe, mais aussi de témoignages d'élus locaux ayant bénéficié du programme dynAlp-climate pour engager des actions de réduction des consommations énergétiques : Auzet (04) et son projet de construction de 4 logements passifs labellisés "PassivHaus", la communauté de communes de l'Oisans (38) et son plan transport, et la commune de Cruseilles (74) pour la construction d'une halle des sports. La dynamique du réseau "Alliance dans les Alpes" facilite la diffusion de ces bonnes pratiques à l'échelle régionale.

Pendant l'après-midi, Serge Charruau, chargé de mission énergie du PNR Vercors, et Noémie Poize, chargée de mission à RAEE (Rhône-Alpes Energie Environnement), ont présenté le projet de centrales villageoises photovoltaïques mené par les Parcs Naturels Régionaux de Rhône-Alpes et RAEE. Les centrales villageoises sont un modèle en construction visant à réduire les consommations d'énergie et développer les énergies renouvelables, dans le respect du patrimoine et du paysage, en faveur du développement du territoire, de la création de richesses pour les habitants et les collectivités, et la participation de ceux-ci aux opérations.

Les échanges qui ont ponctué la journée ont pointé la sur-valorisation d'un certain type de projets, certes exemplaires (tels que ceux présentés le matin et aidés par le projet dynAlp-climate) mais faisant appel à une mise en œuvre et/ou des technologies complexes, en insistant sur la difficulté de les reproduire à grande échelle. L'exemple de la mise en œuvre d'une construction neuve passive accompagnée par des financements à titre de démonstration, par exemple, ne donne en rien des pistes pour mener un programme ambitieux de rénovation des bâtiments existants, qui représente pourtant l'enjeu fondamental en matière de bâtiments. Comme par effet miroir, les échanges ont ainsi fait apparaître la nécessité de travailler sur la sobriété énergétique, qui est à la portée de toutes les collectivités, jusqu'aux plus petites communes, et de tous les budgets. Des communes membres du réseau "Alliance dans les Alpes" comme La Motte en Champsaur, Gap ou Annecy, mènent des actions simples en faveur de la réduction des consommations d’électricité nocturnes, en coupant l’éclairage municipal entre 23h et 6h à la Motte ou en diminuant de moitié l’intensité de l’éclairage (Gap et Annecy) pendant la nuit. Ce type d’actions permet à la fois de sensibiliser les populations aux économies d’énergie et de réduire la facture énergétique dans les budgets communaux.

Le débat a aussi porté sur des questions de sémantique pour évoquer l'objectif à afficher pour une dynamique de territoire ambitieuse sur l'énergie: faut-il parler d’autosuffisance énergétique, d’autonomie énergétique, de territoires à énergie positive, de 100% énergies renouvelables ? La Cipra s'est positionnée via un rapport intitulé "Territoires autosuffisants en énergie". Le CLER a ensuite apporté un pierre au débat dans le dossier "Vers des territoires à énergie positive" du numéro 82 de CLER Infos (ce numéro est épuisé - le dossier est téléchargeable en ligne). Ce dossier revient par ailleurs, au-delà des mots, sur la définition et les valeurs que l'on met derrière ceux-ci.

La durée de mise en œuvre des projets innovants et plus encore des politiques volontaristes apparaît comme un point commun à toutes les expériences étudiées. La volonté réelle de changer l'organisation de l'espace et la structure de la production, de la distribution et de la consommation d'énergie doit se traduire par une pérennité du cheminement politique et opérationnel. L'objet de territoire à énergie positive ne peut être une simple lubie et doit devenir un véritable projet de territoire, partagé et engagé sur le long terme.
L'analyse de projets ambitieux sur l'énergie, en milieu urbain et rural, fait apparaître le besoin d'une solide gouvernance de l'énergie à une échelle territoriale vaste, par exemple celle de la région. La solidarité énergétique territoriale entre la ville et la campagne, entre les territoires de plaine et ceux de montagne, est un impératif; cette approche enrichit les démarches et responsabilise  les collectivités et acteurs, davantage qu'elle ne les met en compétition et ne les dédouane (voir le dossier "Urbain/rural: nouvelles solidarités et lignes de tension" du numéro 85 de CLER Infos).