Le scénario négaWatt 2017-2050 donne le cap aux territoires

© négaWatt
Publié par Esther Bailleul le 07/02/2017

Le 25 janvier à Paris, l'association négaWatt a rendu public son scénario 2017-2050 pour une France 100% renouvelable.

Les experts de l'association notent que depuis la publication du premier scénario négaWatt en 2003 et des suivants en 2006 et 2011, le contexte économique, technologique et énergétique a considérablement évolué. La transition énergétique, que ces scénarios ont été parmi les premiers à décrire puis à nommer ainsi, est aujourd’hui engagée. La loi votée en juillet 2015 pour en préciser les orientations inscrit même les principes fondateurs de la démarche négaWatt – sobriété, efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables – dans le Code de l'énergie.

Ce quatrième scénario a pour objectif d'interpeller les décideurs politiques et économiques mais aussi de "donner plus largement aux collectivités, aux acteurs économiques et à la société civile des clés de lecture facilitant la mise en œuvre des actions nécessaires à la transition énergétique dont ils tireront de nombreux bénéfices."

Il insiste plus particulièrement sur le temps déjà perdu à tergiverser et sur l'urgence à agir pour atteindre des objectifs nationaux de transition énergétique suffisamment ambitieux (-50% d'énergie finale et énergie 100% renouvelable d'ici 2050). Il souligne aussi les bénéfices à attendre pour l'emploi : + 400 000 emplois nets dès 2030, et un bilan positif sur toute la période malgré le recul de certains secteurs.

L'association négaWatt met à disposition une synthèse de 48 pages, résumée en 12 points-clés, et des graphiques dynamiques pour visualiser et comprendre la trajectoire. Découvrez également le scénario en vidéo :

Tous TEPOS ! Le rôle central des territoires

La synthèse du scénario fait le constat du chemin parcouru : « la mobilisation des élus locaux lors de la COP21 [...] a mis en lumière l’engagement de territoires urbains et ruraux de plus en plus nombreux autour de l’objectif fédérateur des “100% renouvelables”. En France, parti des campagnes où l’on a les pieds sur terre et porté par ceux qui ont décidé de passer à l’action sans attendre, le mouvement des “Territoires à énergie positive” est devenu le fer de lance d’une vague de fond qui a gagné les villes et même obtenu le soutien de l’état. »

La trajectoire négaWatt, bien que modélisée à l'échelle nationale, n'est pas un programme présidentiel et ne peut s'effectuer sans l'implication des territoires. La synthèse du scénario rappelle à cet égard la vision réductrice qui a prévalu en France depuis le milieu du 20e siècle : « Notre système énergétique a progressivement gommé les territoires et réduit leurs habitants au statut de consommateur final. Or, dans leur richesse et leur diversité, ils ont au contraire un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre de la transition énergétique décrite par le scénario négaWatt. »

Celui-ci repose en effet principalement sur la mobilisation par les acteurs de terrain, au plus près des situations concrètes, des potentiels d’action sur la consommation d’énergie et des ressources d’énergies renouvelables. Chaque territoire a la capacité de mobiliser des productions d’énergie, dans une logique de mutualisation entre territoires pour la meilleure valorisation des ressources de chacun.

La transition énergétique décrite par le scénario représente pour les territoires et les acteurs économiques et sociaux des retombées locales considérables en matière de fiscalité, d'activité économique et d'emploi. La transition est désignée comme un « projet de territoire pour tous les territoires », une opportunité de développer dans la durée des activités économiques pleines de sens et susceptibles d'offrir des revenus directs et indirects aux habitants.

Et la synthèse de conclure « Au-delà, la répartition apparemment déséquilibrée des ressources et des besoins entre zones urbaines et rurales ouvre paradoxalement la voie à une logique de coopération entre des mondes qui s'ignorent ou se méfient bien souvent l'un de l'autre. Ainsi la transition énergétique peut aussi être une formidable occasion de retisser les liens et de reconstruire les solidarités. »

Le réseau TEPOS s'inscrit pleinement dans cette vision depuis sa création en 2010. En approuvant sa charte, chaque nouveau membre s'engage notamment "à mobiliser ou œuvrer pour la mobilisation de tous les gisements d’économie d’énergie par des actions de sobriété et d’efficacité énergétiques" et "à couvrir ou à œuvrer pour la couverture des besoins restants par la valorisation, optimale et respectueuse de l’environnement, de l’ensemble des potentiels de production d’énergie renouvelable."

Par leurs actions, les membres du réseau TEPOS tâchent, à leur échelle et parfois depuis très longtemps, de relever ce grand défi. Le mouvement ne cesse de s'amplifier et d'accueillir de nouveaux acteurs locaux convaincus de la direction à prendre et de l'urgence à agir. Rejoignez-nous !