Produire de l'énergie en préservant la qualité de l'eau : deux objectifs en synergie

Vaches dans une étable
Publié par Isabelle Meiffren le 14/05/2013

Membre du Pays de l’Albigeois et des Bastides, la communauté de communes du Ségala Carmausin (14 000 habitants) a lancé en avril 2013 la réalisation d’une étude de faisabilité sur la méthanisation territoriale. L’initiative va contribuer à renforcer l’autonomie énergétique de la zone tout en permettant aux éleveurs de résoudre ensemble la question de la mise aux normes de leurs bâtiments d’élevage sur un territoire situé en zone de captage d’eau potable.

Le probable classement en zone vulnérable aux nitrates du «Ségala Carmausin » a accéléré la prise de décision des élus locaux. Préserver la qualité des eaux est une de leurs responsabilités majeures. Et les signaux virent au rouge !

Pour les éleveurs de la zone, ce classement implique de coûteux travaux de mise aux normes de leurs bâtiments d’élevage, notamment pour augmenter les capacités de stockage des lisiers et fumiers. En France, le coût d’une mise aux normes se situe dans une fourchette de 35 000 à 100 000 euros par exploitation.

Parce qu’elle revient à créer des capacités supplémentaires de stockage et de traitement des lisiers et fumiers (silos de stockage, digesteurs,..), la méthanisation collective devrait permettre aux éleveurs de faire des économies d’échelle sur les investissements de mise aux normes. Il permettra également de faire des économies en matière de fonctionnement logistique. La méthanisation permet en effet de mutualiser les opérations de collecte et d’épandage fortement consommatrices de temps de travail.

L’étude de faisabilité doit au préalable vérifier si tous les prérequis sont réunis et soumettre aux acteurs une – ou plusieurs zones potentielles d’implantation selon la localisation, la composition (agricole, agroalimentaire, municipale) et la nature des différents substrats :

  • la proximité des différents substrats : le rayon de collecte optimal pour l’équilibre  et   énergétique des projets de 5 km pour les lisiers et les effluents liquides et de 10 km pour les fumiers. Pour les autres substrats, le rayon de collecte optimal dépend de leur potentiel méthanogène, et peut aller jusqu’à 30 km.
  • la  non concurrence avec d’autres utilisations (alimentation animale par exemple) ou avec d’autres projets de méthanisation,
  • la régularité des apports, certains étant saisonniers,
  • l’organisation logistique : les agriculteurs doivent notamment se prononcer sur les termes de l’échange « effluents contre digestat » pour qu’ils conviennent à tous.
  • son intérêt économique : versement ou pas d’une redevance traitement par le fournisseur de substrat).
  • Les valorisations possibles de l’énergie selon les besoins locaux, ou les possibilités d’exporter de l’énergie sur le réseau gaz qui passe à proximité,
  • Et bien évidemment, l’intégration paysagère.