L'an 1 du Plan Energie-Climat du Pays de l'Albigeois (PAB), France.

L'an 1 du Plan Energie-Climat du Pays de l'Albigeois (PAB), France.

L'école intercommunale bioclimatique du Cordais (Cordes, Tarn) : une seule école très performante pour plusieurs communes, en lieu et place de deux vieilles bâtisses, très dures à chauffer !

Publié par Isabelle Meiffren le 15/03/2013

Quels enseignements tirer des évaluations des premiers Plan Climat Energie Climat déployés dans les zones rurales  ? Eléments d’analyse avec le Pays de l’Albigeois et des Bastides (France)

Quels enseignements tirer des évaluations des premiers Plan Climat Energie Climat déployés dans les zones rurales ?

Eléments d’analyse avec le Pays de l’Albigeois et des Bastides

Le Comité de suivi était presque au complet pour faire le bilan de la première année de mise en œuvre du Plan d’actions du Pays de l’Albigeois et des Bastides (PAB, 57 000 habitants). Un an c’est court et pourtant, c’est suffisant pour enregistrer des résultats tangibles. Grâce à la mise à disposition auprès des communes d’un conseiller en énergie partagé (un intervenant qui répond à la demande), un bon tiers d’entre elles disposent à ce jour d’un diagnostic des consommations d’énergie de leurs bâtiments et de l’éclairage public et d’une comptabilité énergétique. La plupart des communes ont engagé ou planifié des travaux tandis que le Pays se charge de trouver les co-financements.

Pour Emmanuel David, chargé de la coordination des Plans Climat de Midi-Pyrénées pour l’Agence nationale de l’environnement et de l’énergie (ADEME) et à ce titre partenaire du Pays de l’Albigeois,  le PAB a compris que certaines actions – et en particulier le conseil en énergie partagé – avaient besoin d’être appuyées en amont par de la formation. Et le Pays est allé présenter le dispositif dans les mairies

Reste la difficulté du passage à l’étape des travaux !

Pour Sylvain Cals, Président du comité de pilotage du Plan Energie Climat « la crainte d’engager des travaux en ces temps de contraintes budgétaires paralyse les élus. Pourtant, c’est justement parce que nous sommes dans un temps de crise qu’il faut investir dans les économies d’énergie.  Le Plan Climat nous pousse à nous extraire d’une vision gestionnaire du quotidien.  C’est quelque chose de nouveau pour nous, élus de collectivités rurales confrontées à des réalités difficiles. J’ai accepté de prendre en charge l’animation de ce programme alors que je n’avais aucune connaissance sur ces sujets. Je n’imaginais pas combien ce serait passionnant de rassembler des acteurs de tous horizons autour d’une thématique étrangère à beaucoup d’entre nous. Je n’imaginais pas non plus que nous arriverions à créer des liens de confiance à l’échelle de notre grand territoire.

A tel point que pour certains observateurs, le Plan Energie-Climat est devenu l’épine dorsale de toutes les politiques développées par le Pays : urbanisme, agriculture, habitat, …

L’autre « success story » du Pays, c’est d’avoir convaincu les élus de la nécessité de mettre les moyens pour faire avancer le dispositif : 2 personnes travaillent à temps plein uniquement sur le Plan Climat : un animateur et un conseiller en énergie partagée, tandis que, toujours au sein du Pays, les personnes en charge des « politiques de l’habitat » et de la « promotion des circuits courts » ont pleinement intégré les objectifs du Plan Climat dans leur programmation.

Au final, l’énergie et le climat mobilisent 3 équivalents temps plein sur un territoire de  57 000 habitants.

Quels enjeux

Le Plan d’action du PAB est construit autour de 6 enjeux :

  • La rénovation du patrimoine bâti des communes et des maisons des ménages (le territoire a son lot de vieilles bâtisses rurales ; véritables passoires pour l’énergie,
  • Le développement des énergies renouvelables avec un doublement de la production actuelle d’ici 2020
  • La réduction de l’usage de la voiture, notamment de la voiture “solo”
  • L’intégration des enjeux énergie et climat dans les autres politiques territoriales (urbanisme, agenda(s) 21,…
  • L’observation du changement climatique en local, enjeu de pédagogie très concrète,
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.

Les temps forts du plan climat de l’Albigeois

En 2005 - Programme leader + : étude sur la structuration de la filière bois sur un périmètre qui intègre le territoire du Pays. Cette étude a été l’occasion de faire une première sensibilisation sur les atouts (et contraintes) du bois énergie.

En 2006 - Création de la mission spécifiquement dédiée à la  thématique Energie/Climat. Embauche d’un animateur territorial

En 2007 –Action de sensibilisation/formation des élus et agents techniques sur le changement climatiqueCoordination par le Pays, d’une enquête sur les consommations d’énergie. Cette Enquête a concerné 200 bâtiments répartis sur les 9 communautés de communes. Chaque bâtiment dispose de son « étiquette énergie + éclairage », et des recommandations. Ces diagnostics ont été des révélateurs du gisement d’économie d’énergie mobilisable pour les élus des communes.

2009 - Enquête auprès des collectivités sur les leviers ou les difficultés qu’elles identifient pour agir pour l’énergie et le climat. Cette enquête confirme que les enjeux sont perçus sur le terrain, et qu’une démarche plan climat peut être engagée.

Lancement du processus de concertation du Plan Energie Climat par une réunion publique (140 personnes) et la création du Club climat.

2010 - Finalisation du plan d’action, validation par les communautés de communes puis par le bureau du Pays

2011 Le plan d’action 2011-2013 est validé en janvier 2011.

Octobre 2012 - Déclaration du Pays, au titre de ses collectivités membres, pour rejoindre la convention des maires pour une énergie durable.

L’organisation opérationnelle

Le portage politique territorial

Le PCET est relayé dans chaque Intercommunalité par un binôme référent comportant un  élu et technicien.

Un comité de pilotage (appelé aussi comité de suivi) est chargé de suivre la mise en œuvre du Plan. Il comporte 80 participants de tous horizons. Il se réunit deux fois par an.

Les décisions emblématiques

Le plan Climat est parrainé par Serge Planton. Membre du GIEC, Responsable de l'Unité de recherche climatique au Centre de recherches de Météo-France, il a apporté son témoignage de scientifique dans les réunions de sensibilisation. Ce parrainage a légitimé l’action des élus, et renforcé la notoriété du plan Climat.

Mobilisation des habitants, implication des acteurs

Elle a été assurée par  le « Club climat », une structure de concertation et de proposition. Représentatif de la diversité du territoires (élus, habitants du territoire, partenaires, professionnels, etc.), le Club climat  a été constitué sur la base d’un appel à candidatures. Il a participé à :

  • La définition des enjeux du territoire pour le PCET après lecture du diagnostic (février 2010) : 6 enjeux prioritaires ont été définis.
  • L’organisation de l’élaboration du programme d’actions (mars – avril 2010) par le biais d’ateliers thématiques (60 participants en 6 groupes).

 Le club climat a travaillé dans un laps de temps assez resserré pour ne pas que la dynamique s’épuise et a très largement pratiqué la méthode « SWOT», une méthode qui invite les acteurs à se projeter dans l’avenir.

Partenariats

Le Pays signe des conventions d’étude, animation, d’intervention avec des partenaires socio-professionnels de tous horizons.

Le PAB travaille en réseau avec les 3 autres Pays limitrophes.